Indre 1914-1918 - Les 68, 90, 268 et 290e RI

Les régiments indriens dans la Grande Guerre

10 novembre 2009

11 novembre. Amitié ou Armistice? Les deux, mon colonel

Le 11 novembre de nos Pépés a du plomb dans l'aile. Lazare était le dernier, il n'a pas fallu attendre longtemps pour que la roue tourne. Journée du souvenir, l'air du temps nous apporte la Journée de l'Amitié franco-allemande.
Eh bien soit, alors cette année, je penserais donc aux 3.343.000 Allemands et Français tombés entre 1914 et 1918. N'étant pas bégueule, je rajouterais aussi les 1.047.000 Austro-Hongrois pour montrer que je n'en veux pas à notre Président et à Angela. Aimant bien Baudouin, je rajouterais donc aussi 44.000 Belges.
N'en voulant pas aux autres non plus, je penserais donc aux quelques 8.000.000 de tués de la Grande Guerre.
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RI290_Blairville_091915_AumonierBouvetJM1

Cimetière dans les lignes, créé par votre serviteur au sud d'Arras.
Sept. 1915 à B...
(Blairville?)

J. Bouvet, aumônier au 290e d'inf.

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04 novembre 2009

La première bataille d'Ypres (1)

Après l'échec de la bataille de la Marne, l'armée allemande entreprend "la course à la mer". Les Français et les Anglais se positionnent, au fur et à mesure, en face des armées allemandes, en direction de la mer du Nord.
Dans la région d'Ypres, les dragons français (2e corps de cavalerie) arrivent le 14 octobre. Ils s'établissent, avec les territoriaux des 87e et 89e DI dans le secteur Zonnebeke-Passendale. Ils défendent Roulers, le 19 octobre, puis se replient, sous le nombre vers Passendale et Staden. Passendale tombe le 20 octobre.
Les positions allant de Bikschote à Mesen sont alors occupées par l'armée anglaise qui y a engagé toutes ses réserves.
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Ypres1_19141021

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Le 22 octobre, les généraux French (Commandant du Corps Expéditionnaire Britannique), Douglas Haig (Cdt 1er Corps Britannique) et Rawlisson (4e Corps Britannique) envisagent de se retirer. Les généraux de Mitry (2e Corps de Cavalerie Français) et Bidon (Cdt militaire de Dunkerque) leur rappellent la promesse du général Joffre de fournir une aide militaire supplémentaire.
Les premiers éléments français (9e Corps) sont d'ailleurs arrivés en Belgique, ou dans le Nord de la France. Ceux-ci sont partis de Mourmelon depuis le 20 octobre.
Les troupes anglaises, étirées sur un front étendu et composées dans une forte proportion de cavalerie, demandaient qu'on les appuyât. Elles étaient notamment très menacées dans la région de Zonnebeke - Becelaere - Gheluvelt.

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Le secteur d'Ypres
Ypres2_19141023

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Sources:
2 ans de commandement sur le front de France - Général Dubois - Lavauzelle 1921
L'hiver oublié - Aleks Deseyne - 1983


Posté par Jerome Charraud à 17:55 - 4 Belgique 1914 -1915 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 octobre 2009

En route pour l'Est

On roule ainsi pendant trente-six heures. Où va-t-on ? Nul ne sait. Ce qui est certain, c'est que l'horaire prévu n'est pas respecté. Le train chemine à travers de grandes plaines ensoleillées, suivant un rythme imprévu et imprévisible. Tantôt un homme au pas pourrait l'accompagner, tantôt il s'emballe et dépasse largement les trente kilomètres à l'heure réglementaires. Il ne s'arrête plus aux stations, mais s'arrête à tout bout de champ. On veut descendre, il repart incontinent. On hésite à descendre, il s'immobilise désespérément jusqu'à ce qu'on se décide à se lever.
Cela devient rapidement des plus pénibles, d'autant plus pénible que de violentes coliques commencent à me torturer les intestins. A un moment donné de vives clameurs s'élèvent, on se précipite à la portière. La voie décrit un long ruban semi-circulaire, et là-bas, là-bas, loin derrière le train qui s'était arrêté tout à l'heure, on voit un homme en bras de chemises, la ceinture à demi renouée, qui court pour le rattraper. Il gagne du terrain. L'aura, l'aura pas. Le train accélère, il ne l'aura pas. Il ralentit, il l'aura. Les paris s'engagent, les cris se font désordonnés. On encourage, on raille. Dans la grande steppe de la Champagne, sous le soleil ardent, couvert de sueur, il a eu le train. Je l'envie.
Les hommes sont en bras de chemises, chantant, baillant, discourant ou rêvant les membres ballants, il y en a sur les marchepieds, sur les toits des voitures. Cela c'est trop à cause des tunnels. Consignes sévères à la première occasion. Elles seront respectées pendant un certain temps.
Les wagons sont couverts de branchages, de bouquets, de drapeaux, d'inscriptions. On échange des cris et des lazzis avec les paysans dans les champs ou attroupés aux passages à niveau. On croise des trains. On interroge tous ceux qui pourraient savoir quelque chose : les passants, les employés. Personne ne sait rien. Sur leurs machines certains mécaniciens sont depuis deux ou trois jours, sans pouvoir dormir. Les faces sont noires et ravagées. Mais nul ne se plaint.
Au revers d'un talus des débris de wagons. Une batterie d'artillerie a été détruite là avant d'avoir eu le moindre contact avec l'ennemi.
Le silence règne soudain.
La nuit tombe lentement. Il n'y a plus d'huile dans la lampe du quinquet. Il n'y a plus de vivres. Pas un cri, pas une récrimination dans tout le train. On attend l'arrivée, un jour prochain.
Nous semblons nous diriger vers Nancy.
L'obscurité enveloppe le paysage. Une nuit dense, de cauchemar, commence. Je souffre abominablement et ne peux dormir une seconde. Tout est noir. Soudain un immense fanal blanc, aveuglant, un grave sifflement continu, un halètement, un immense fanal rouge, puis de nouveau tout est noir. Et sans cesse cette alternance : l'éblouissement blanc ou rouge, l'obscurité, se heurtant en moi au silence de la nuit, le battement rythmé du train qui roule, brusquement coupé d'un sifflement continu et d'un halètement, des chocs scandés d'un train croisé.
C'est hallucinant, de plus en plus hallucinant, car l'espace qui sépare les locomotives et les trains se succédant, est de moins en moins grand, et bientôt les fanaux blancs et les fanaux rouges s'affrontent, faces béantes et formidables.
Ah! vite le jour et l'arrêt définitif. On marche à tours de roues comptés. On s'immobilise une heure, on avance dix minutes. Pas une station, rien que des machines et des wagons vides qui se suivent à la queue-leu-leu.
Enfin, une pâle clarté, comme un sombre brouillard, pesant sur la terre, laisse de vagues formes se dessiner. Où est l'aurore aux doigts de rose? Il fait gris, il fait sale, il bruine.
Lentement, le train s'éveille. On grogne, on crie, on rit. Les faces sont terreuses. Dans le compartiment on s'ébroue, on s'étire. Dans quelques minutes on sera arrivé. A dix heures seulement on débarque à Nancy.

Sources: Lieutenant Sohier - 1914-1915 - Sans éditeur


Posté par Jerome Charraud à 21:48 - 1 Mobilisation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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